Japon : bouddhisme de 7 à 40°C
Ecrit le 12 May 2010
C'est parti pour le 12 mai 2010 !
Nous nous levons tôt le matin, car la route en car est prévu pour durer 3h, sans compter l'arrêt réglementaire à la mi-parcours. Sur les routes de montagne vers le Mont Koya, point de gros panneaux de protection comme nous avions pu voir pour aller à Hakone. Les routes de montagne, nous connaissons, mais avec un conducteur japonais qui ralentit à chaque virage pour laisser passer ceux qui descendent, l'ambiance dans l'estomac est garantie ! Solenne essaie à un moment de prendre de l'air, mais le froid dérange les autres passages... Cap vers un village situé à 900 m d'altitude. Nous arrivons à l'entrée de la ville vers 11h30, sous une température de... 7°C.
Après une vingtaine de minutes passées dans le centre ville, nous nous rendons au restaurant. Le repas est servi dans des bento (boîtes à déjeuner japonaises) sous tradition locale, avec une soupe et du thé vert.
Pour une fois, les visites culturelles sont placées l'après-midi. La visite du temple Kongobuji ressemble à d'autres visites que nous avons déjà faites. Le jardin Zen du temple est toutefois beaucoup plus beau que le premier que nous avions vus. La suite est en revanche inédite, puisque nous avons le droit à visiter un cimetière japonais. Les habitants de l'archipel n'enterrent pas leurs morts. En général, ils les font incinérer, mais ils peuvent également garder des bouts d'ossements pour ériger une ou plusieurs tombes honorifiques. Plusieurs entreprises ont également une place de choix dans le cimetière, il y a également des tombes pour des peuples, puisqu'une entreprise d'insecticides a fait une tombe pour l'ensemble des termites qu'elle extermine, afin de demander pardon à cette espèce pour le génocide qu'elle perpétue. Toutes les tombes se trouvent au milieu d'arbres atteignant des hauteurs très importantes.
Nous remontons dans le bus pour nous rendre au monastère, que nous abordons à la fois avec crainte d'une mauvaise nuit et avec l'excitation d'une expérience inédite. Dès l'entrée, nous devons nous déchausser et circuler dans leurs espèces de pantoufles. Il y a trois tailles (petites, normales ou grandes), mais comme vous les laissez à chaque fois que vous entrez dans une pièce, vous changez souvent de paire : impossible de retrouver la vôtre alors que les serviteurs du monastère réalignent toutes les pantoufles quand vous avez le dos tourné...La chambre respecte les standards de tradition auxquels nous nous attendions : typique, avec du tatami au sol et des portes en bois couverts de papier, pas de chauffage, et la promesse d'une nuit sur futon. En revanche, le monastère est habitué à recevoir des touristes, et nous avons un lavabo avec de l'eau chaude, un petit salon avec des chaises, une télévision et un téléphone.
Nous avons la prière à l'aube (6h du matin), aussi notre guide nous a prévu un programme léger : le repas traditionnel végétarien et les bains publics. Solenne essaie dès notre arrivée pour ne croiser personne. Elle en revient transformée, d'abord en écrevisse à la peau rouge, et ensuite enchantée de cette expérience. Le dîner se passe au sol, avec un coussin et quelques plateaux surélevés en guise de table. Personnellement, j'ai préféré ce repas traditionnel à celui de l'hôtel à Hakone, j'ai presque tout fini. Solenne a plus de mal avec les textures et les goûts. Il faut dire que ses fortes douleurs au ventre ont du lui couper l'appétit et la position accroupie n'arrange rien.Après le repas, je pars pour les bains publics. Contrairement à ce qu'on peut voir dans les mangas, c'est très moderne. On dépose ses vêtements dans une panière en osier, et ensuite on entre dans le coin douche. vous avez un tabouret en plastique pour vous asseoir et une petite serviette en guise de gant de toilette. Vous vous lavez au mieux, et ensuite vous pouvez profiter d'une micro-piscine avec de l'eau à 40°C. L'entrée est plutôt difficile, mais ensuite je suis arrivé à me plonger complètement dans l'eau, et ma peau n'est pas ressortie toute rouge. Néanmoins, c'est vrai que ca donne un bon coup de chaud, idéal pour se glisser dans une chambre à 10°C. Nous avons une grosse couette chacun, et le futon est tout à fait confortable. En vérité, c'est une des nuits les plus réparatrices que j'ai passées au Japon !

