Bonjour à tous,
après avoir été sequestrée une semaine et 1 jour à la maternité, j'ai retrouvé lundi ma liberté d'expression et me doit de vous faire part de ma version de l'histoire.
D'abord parce que notre fille mesurait à sa naissance 48 cm et non pas 43 cm comme indiqué par le papa un peu déboussolé.
Dimanche 13 novembre, 3h du matin; je me réveille avec une sensation bizarre et une petite douleur au ventre. L'idée que l'accouchement était pour aujourd'hui ma traversée l'esprit mais je n'ai pas voulu m'emballer et ai essayé de me rendormir. Vers 3h30, re-sensation bizarre (je passe les détails gores) et me voilà convaincu sans l'être que je suis en train de perdre les eaux. Je me lève, regarde l'appart en désordre et commence à angoisser de partir en le laissant dans cet état. J'essaie d'arranger au mieux les choses, mais non, passer l'aspirateur à 4h du matin ça ne se fait définitivement pas. Je commence à checker les valises maternité, à ranger, et vers 4h je retourne voir le papa en lui murmurant de ne pas s'inquiéter mais qu'on va devoir aller à la maternité car je crois perdre les eaux. Nous avons encore pris le temps de nous doucher, et à 4h30 nous voilà grimpant dans la voiture, en route pour l'hopital. Nous n'avons pas été embêtés par les bouchons, avec l'impression que la route était à nous.
Sereins tous les deux, nous trouvons même le moyen de plaisanter lorsque FX me glisse que si c'est un garçon nous n'aurons pas de prénom à lui donner; d'un coup j'ai un peu paniqué mais c'est vite passé.
Arrivés à la maternité, nous avons été pris en charge par une sage-femme qui après contrôle nous a bien confirmé que c'était la poche des eaux qui s'était rompu, Daphné allait bientôt nous rencontrer !!
Le petit/gros hic de mon accouchement, c'est de n'avoir eu aucune contraction naturelle. Or une fois la poche des eaux rompus, le bébé doit sortir assez rapidemment car il n'est désormais plus protégé des infections en tout genre. On m'alors posé une perfusion pour provoquer les contractions. Légères au début, elles sont devenues de plus en plus insoutenables et je n'ai pas trainé pour réclamer la péridurale, un peu déçue de ne pas résister mieux que ça à la douleur.
Par chance, ce dimanche était très calme à la maternité et l'anésthésite venait d'arriver. J'ai eu ma piqure en 10 minutes à tout casser (11h30). Pour la péridurale, on en fait toute une histoire mais franchement, on ne sent rien du tout. La seule règle à tenir c'est de ne pas regarder l'aiguille, ensuite ça va tout seul.
A partir de là, je n'ai plus senti les contractions et c'est FX en regardant sur le monitoring qui me faisait remarquer: "t'as une contraction là ". L'après midi s'est passé tranquillement, avec un contrôle régulier de l'ouverture de mon col (toujours sans douleur du fait de la péri). Vers 19h, on nous annonce un col complétement ouvert, et que d'ici 21h notre bébé serait là. L'inconvénient, c'est que vers 19h, la péridurale n'a commençé à faire effet que d'un seul côté; je commençais en effet à tout sentir du côté droit, les contractions comme les examens in-utero. J'avais beau appuyer sur le bouton magique qui délivre une dose de morphine, rien n'y faisait. J'ai commencé alor à paniquer en me disant que la péridurale ne ferait plus effet pour le passage du bébé, ma plus grande frayeur !!!
Vers 20h30, les poussées ont commencées, inefficaces pour plein de raisons: mes contractions provoquées ne duraient que 30 secondes, trop peu pour faire avancer le bébé, qui lui même ne se présentait pas comme il fallait: notre puce avait décidé d'arriver en nous montrant le bout de son oreille !! et moi, j'étais devenu incapable de pousser efficacement,bien qu'ayant réussi avec brillot le test lors de la préparation à l'accouchement. Il faut dire que ma position n'arrangeait rien et que les sages femmes ne voulaient rien entendre !! je n'arrêtais pas de glisser sur la table d'accouchement et réclamais qu'on remonte le haut du lit, en vain, d'après elle je n'allais plus pouvoir pousser. Après de longues minutes d'effort, la sage-femme a dit qu'on allait appeler le médecin. Là j'ai compris que rien ne se passerai très naturellement, j'ai eu peur de ne jamais y arriver et j'ai eu un gros coup de démotivation et une vague de larmes, que le papa a eu vite fait d'effacer en me remotivant.
Le doc est arrivé ( sosie de François Cluzet en plus jeune), après écho de contrôle, il a confirmer que daphné n'avait pas la tête bien présentée, et a prononcé le mot "Ventouse". Mon sang n'a fait qu'un tour; Mais comme pour la péri, j'ai pris le parti de ne pas regarder cet instrument. Le médecin m'a bien dit qu'il ne ferait que la moitié du travail, que si je ne poussais pa assez, le "cable"de la ventouse pouvait se casser et qu'ensuite c'était forceps. Alors il a installé la ventouse (je rappelle que la péri ne faisait plus trop effet et que je sentais tout) et à la contraction suivante, j'ai poussé de toutes mes forces. Et là miracle, j'ai senti la tête du bébé s'engager ! a partir de là, je n'ai eu qu'une envie, que la tête finisse par sortir car la sensation n'était vraiment pas des plus agréables. Sous les encouragements du public (il commençait à y avoir pas mal de monde dans cette pièce et moi qui avait mon rendez'-vous esthéticienne deux jours plus tard, sic! :) j'ai poussé une seconde fois et la tête est passé, quelques secondes après, les épaules, et ensuite le reste à glissé tout seul, et on nous a présenté notre fille !!!
On nous l'a vite enlevée pour effectuer les contrôles d'usage ainsi que d'autres moins d'usage (diabète gestationnel, streptocoque B, je les ai un peu accumulé pendant la grossesse du coup bébé était à suivre de près) et ensuite l'infirmière a posé notre fille dans mes bras ! là autant dire que nous avons oublié tout le reste, les 17 d'attente, la douleur, la couturière en train de repriser mon épisio. Nous sommes remontés en chambre vers 2h du matin, et vers 2h30 le papa est rentré se reposer car il travaillait le lendemain, et la maman a dégainé son iphone pour smser à peu près toute la population :-).
La suite, FX vous en a fait part, une vilaine jaunisse qui s'est déclarée le mercredi, coup dur pour moi qui commençait à me languir de rentrer chez nous. Daphné est remontée de néo-nat le jeudi mais est restée en observations le vendredi, et le samedi, rechute du taux, donc sortie repoussée, d'abord au dimanche, ensuite au lundi. Autant dire que ma valise maternité ne prévoyait pas un séjour aussi long et chaque jour le papa était contraint de me rapporter des vêtements ("alors chéri dans ma penderie, y'a une robe grise, avec des boutons, et une ceinture, à manches longues.. tu vois laquelle je parle ?") mission qu'il a réussie à chaque fois avec brio.
Et voilà !